Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/194

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MARTHE.

Je veux te faire manger ta soupe. Et, à propos, as-tu travaillé à la pièce ?…


BARNAC.

Je t’attendais…


MARTHE, (lui met les bras autour du cou.)

Voilà qui est très tendrement dit… Alors, on travaillera une bonne heure avant le dîner…


BARNAC.

La dactylo m’a demandé de ne venir qu’à six heures, parce qu’elle a sa pauvre mère malade… J’ai accordé, tu penses !

(Miss revient.)

MISS, (rapportant le chapeau d’académicien.)

C’est-à-dire qu’au microscope on ne trouverait pas un trou de ver…


MARTHE, (subitement, avec expansion.)

Oh ! veine ! Je ne t’ai justement pas en académicien… Tu vas mettre ça sur la tête…

(Elle empoigne le vérascope qu’elle avait apporté tout à l’heure et déposé sur le bureau.)

BARNAC.

Jamais de la vie !… Je ne suis pas photogénique.


MARTHE.

Et pourquoi n’aurais-je pas un amant photogénique ?


BARNAC.

On m’a dit ça en me cinématographiant !… Et puis, mon bicorne, lui non plus, n’est pas photogénique.