Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/329

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BARNAC, (pendant que le petit enlève son paletot.)

Viens ! (Il attire à lui Colette et lui caresse les cheveux.) Tu as exactement ses yeux. La même nuance.

(Il la saisit et l’emhrasse.)

COLETTE.

Tu pleures, Tonton Poum ?… T’as du chagrin ?… Pourquoi ?…


BARNAC.

Mon petit, parce que, moi, je suis un vieux qui ne reçoit plus d’étrennes… Pour toute étrenne, j’ai vos petits baisers et je me console ainsi… Pourquoi ne venez-vous pas plus souvent ?… Autrefois, vous montiez chaque fois que vous passiez par ici.


COLETTE.

Oh ! nous le demandons souvent, mais maman ne veut pas… elle dit toujours : « Non, y faut pas déranger Tonton Poum… »


JACQUES.

« Vous irez à Noël ! »


BARNAC.

C’est bien suffisant !


JACQUES.

Pourquoi me regardes-tu comme ça ?… Comme si tu allais me gronder ?… On t’a dit que j’ai pas été sage ?…


BARNAC.

Te gronder ?… Et pourquoi donc, mon ange !…