Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/337

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BARNAC.

Dellières s’imagine sûrement, à l’heure présente, que c’est moi qui ai organisé les poursuites, que j’exerce ainsi une basse vengeance… et que j’ai sauté sur ce moyen de l’humilier.


GUÉRIN.

Il n’y a pas de rapport possible…


BARNAC.

Pour elle, il y en a un direct, et cette idée m’est odieuse, entendez-vous… Si vous m’aviez averti à temps, Guérin, j’aurais empêché ces poursuites… J’en aurais bien trouvé le moyen, je vous le garantis !…


GUÉRIN.

D’abord, Sergyll et elle n’ont point partie liée, que je sache. Ce n’est pas un ménage. Ils ne vivent pas sous le même toit.


BARNAC.

N’importe… Si au bout de deux ans rien ne les a désunis, c’est qu’elle l’aime… Et si elle l’aime, à l’heure où nous parlons, elle doit souffrir… En admettant même le contraire, la jubilation des camarades, la malignité de notre sale monde, tout cela est bien suffisant pour la mortifier horriblement… Et qu’elle croie que j’aie voulu l’atteindre !… Il faut arrêter cette histoire-là, Guérin, je le veux.


GUÉRIN.

Mais par quel moyen, maintenant ?…


BARNAC.

Je m’en fous… C’est nécessaire. Benoitier ré-