Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/81

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LA FEMME.

Il y a quinze ans !


DON JUAN, (tressaillant.)

Quinze ans !… Et depuis ce temps vous avez toujours pensé à lui ?… Vous prétendez n’avoir jamais oublié son visage ?


LA FEMME.

Jamais !

(Don Juan s’avance et se découvre tout à coup.)

LA FEMME, (sans hésiter.)

Don… Don… Juan…

(Elle chancelle et tombe à terre évanouie.)

DON JUAN.

Relève-la !


LA FEMME, (dans un souffle.)

Don Juan !…


DON JUAN.

Celle-là m’a reconnu !… Et elle ne m’avait vu qu’une fois !… (À la femme.) Pas un mot !… Gardez ce mystère pour vous !… Allez-vous-en… Demain à 7 heures du soir, trouvez-vous à l’angle du palais Antonio… À demain…

(Elle sort à reculons mi-évanouie, mi-extasiée, soutenue un instant par Alonso.)


Scène VIII


DON JUAN, ALONSO, puis LA RELIGIEUSE


DON JUAN.

Elle me savait mort, et elle n’a pourtant pas hésité une seconde à me reconnaître, après quinze ans !… Mets la main là, et vois comme mon cœur