Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/79

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VOIRON.

Elle n’a plus que ces deux partis à prendre… un amant ou monter là-dessus, comme nous.


DARTIER, passant sur le devant du théâtre avec le directeur. À Emma, en lui tendant un journal.

Tiens, regarde si je ne parle pas de toi, mon enfant, (à Garthez.) Comment est la pièce de Demieulle ?


LE DIRECTEUR.

Pas plus idiote que les autres pièces, mais pas moins.


DARTIER.

Alors, pourquoi la montez-vous ?


LE DIRECTEUR.

Parce que nous nous croyons obligés de monter des pièces. C’est le moyen de perdre un peu plus d’argent que si on n’en montait pas… Enfin ! Ah ! si le bougre pouvait retirer sa pièce ! Il y a un dédit de 10 000 francs ! Je me payerais une petite maison à Berqueville-sur-Mer !


DARTIER.

À propos, vous serait-il égal, puisque nous sommes en compte, de m’avancer le montant de ma conférence ?


LE DIRECTEUR.

Mais comment donc, cher maître, avec plaisir… seument, je vous l’ai déjà réglée.


DARTIER, négligé.

Ah ? Au fait, c’est vrai… Celle du Rire de Molière, vous êtes sûr ?


LE DIRECTEUR, férocement souriant.

Mais ça ne fait rien… Ce sera pour Les larmes de Racine, quand elle viendra… Voulez-vous passer une minute dans mon cabinet, puisque nous y sommes ?


DARTIER.

Ça ne vous dérange pas ?


LE DIRECTEUR.

Au contraire. Ça me fait un plaisir énorme.

(Ils sortent.)