Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/113

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geait beaucoup de choses sucrées… Moi, je buvais mes deux siphons d’eau de seltz par jour, avec du café. Et puis on voyait un peu de tout… Des marchands, des commis, des Arméniens, des Juifs, des Tartares, des riches, des pauvres, quoi ! Bien sûr j’étais habituée au luxe… et maintenant…


LA BEAUTÉ.

Allons… elle se ranime un peu, la petite.


LA GRANDE ROUSSE, au fond.

Dites donc, vous autres, si vous croyez que je vais mettre à sécher le linge toute seule. Et le poêle qui s’éteint !


LA BOSSUE.

On y va !


LA FEMME.

Ce qu’il y en a de linge à laver cette semaine !


UNE AUTRE FEMME.

Toi, sale moutard, si tu continues, je vais te flanquer dans le cuveau.

(Fédosia et la Maslowa restent seules près du poêle.)

UNE FEMME, à l'enfant.

Viens, viens, mon chéri !


FÉDOSIA, doucement.

Et maintenant qu’elles sont parties, tu veux bien prendre ton thé ?… Tu vois, j’avais roulé autour une paire de bas pour qu’il ne se refroidisse pas. Mais maintemant il a pris un peu le goût du fer-blanc.