Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/319

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IRÈNE.

Ce qu’elles défendent, ces bêtes, c’est leur petit, c’est leur chair. (À son fils.) J’ai été pour toi cette bête folle, Richard, quand tu étais mon petit. Je n’aurais eu que de la pitié et de l’amour pour toi — dans n’importe quelle circonstance !… Et ma passion, je t’en réponds, aurait parlé plus haut que ne parle maintenant ta justice ! Je me serais laissé tuer pour toi, sans discuter… Maintenant, c’est vous qui faites renaître cet instinct-là dans mes entrailles, pour un amour coupable, soit ! mais que vous me forcez à défendre et que je défendrai de toutes mes forces, je vous en avertis… Essayez !…

(Elle s’agrippe à la porte, dressée, presque terrible.)

RYSBERGUE.

Eh bien, si tu veux être frappée seule, tu le seras !


IRÈNE.

À la bonne heure !


RYSBERGUE.

Mais pas comme tu l’entends ! Je ne suis point un mari qui tue sa femme. Depuis un quart d’heure tu te méprends étrangement ; tes nerfs t’affolent et t’abusent. Puisque tu nous reproches comme un crime de vouloir châtier ce petit misérable, j’abandonne toute expiation ; sois heureuse ! Seulement, puisque aussi tu répudies les liens les plus saints de la femme et de la mère, puisque tu