Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/267

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tive que j’ai faite autrefois auprès d’elle… Non, je détiens un avantage unique… celui du bambochard à qui la vie n’a jamais monté le coup. J’en profite, voluptueusement calfeutré dans cet intérim magnifique… Et je ne demandais qu’une chose, moi… c’est que ça durât le plus longtemps possible… Évidemment, je ne me faisais pas d’illusions, le jour où un amour ou un béguin se présenterait… patatras ! Ce qu’on m’enverrait dans la pièce qui m’est réservée, là-bas, au fond de l’appartement, près de la lingerie !…


BOUDIER.

C’était fatal, en effet. Et le béguin est arrivé, pauvre vieux, et c’est…


POLICHE, (l’interrompant.)

Chut !… (Un temps. Tout à coup.) Ce que j’en avais écarté, pourtant, des concurrents, sans en avoir l’air pendant ces six mois. C’était trop beau, parbleu !… Ça ne pouvait pas durer ! Seul, j’étais seul ! Conçois-tu cette chance énorme que j’avais eue jusqu’à présent ?… Évidemment, j’attendais toujours le cataclysme. Chaque tête nouvelle me flanquait des frousses terribles. Mais je ne prévoyais pas la journée de Saint-Cloud !… Ah ! la journée de Saint-Cloud !…


BOUDIER.

Que s’était-il donc passé à l’instant où je t’ai trouvé dans cet état ?…


POLICHE.

Une chose effroyable et bête comme la vie !…