Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/65

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Le Père éternel très calme, avec sa barbe… Adam et Ève… Le paradis terrestre, Claude ! l’homme et la femme… les arbres, les herbes, le chien, la paix !… Je l’ai regardée encore le soir où j’ai pris la décision de partir avec mon Claude. Je te montrerai tout… L’album de photographies de la famille. Je l’ai chipé sur la table du salon. Plus tard, comme j’aimerai feuilleter ce passé disparu !… (Elle entr’ouvre l’album.) Moi, à sept ans.


CLAUDE.

Fais voir ?… Tu étais déjà bien jolie !…


GRÂCE.

Ma sœur Mariette, sur les genoux de maman… Maman, à vingt ans… Papa, en costume de premier président… Moi, en robe de communion… Regarde…


CLAUDE.

Oui. Et celui-là ?


GRÂCE.

Je ne sais pas… Un oncle, je crois.


CLAUDE.

Celle-là ?


GRÂCE.

Tante Mathilde, en crinoline… Jean de Mazan… Oh ! ça, c’est tante Evelina, celle, dans la famille, qui a mal tourné… Elle s’est enfuie avec un jeune homme, comme moi… On n’en parlait jamais… Je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Elle est plus jolie que les autres, d’ailleurs.