Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/187

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SUZON.

Elle… ici ? Tu ne l’as pas revue, je suppose bien !


LOLETTE, (très douce.)

Non, seulement elle m’a écrit une lettre où elle me demandait à venir me voir, un de ces jours. J’ai accepté. Je pensais justement que, peut-être, elle viendrait aujourd’hui.


L’INFIRMIÈRE.

Que faut-il répondre ?


SUZON.

Tu ne vas pas la recevoir, j’espère ! Après ce que je viens de te dire !


LOLETTE.

Mais si… mais si… Faites entrer.

(L’infirmière sort.)

SUZON.

Tu vas recevoir cette coquine ?


LOLETTE.

Chut ! chut ! Vois-tu, il faut être poli, très poli, Suzon… Le reste ne sert à rien… J’en ai fait l’expérience… Tiens, passe-moi la glace, plutôt…


SUZON.

Qu’est-ce qu’elle te veut, cette hypocrite-là ?… Ce n’était donc pas assez ?…


LOLETTE.

Oh ! que je suis laide et pâle, mon Dieu !… En voilà une rivale ! Je suis à faire peur… Ben, ma fille, ton compte est bon !… Tiens, repose ça et va-t-en dès qu’elle arrivera, n’est-ce pas ?… (La