Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/62

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CERTIN, (de sa table.)

Je vous remercie, monsieur… (Il se rassied. Colloque de Madame Certin et de Certin : « Réponds-lui, si, je t’assure… » Certin se décide à son tour et se relève.) Je pense, de mon côté, monsieur, que la haute récompense doit aller à la jeunesse !… (Temps.) Et, si le sort vous favorise, je serai le premier à applaudir…

(Ils sont debout, comme deux avocats. Les femmes se taisent. Apparaissent sur l’escalier, au fond, Chaillard et le marchand de tableaux Arnheim.)

ARNHEIM.

Bravo ! bravo !… Les deux adversaires en présence qui se saluent avant le tournoi… C’est très Régence… Grand air… Bravo, messieurs.

(Il touche la main de Certin le premier.)

CHAILLARD, (à Bernier, pendant ce temps.)

Je t’amène Monsieur Arnheim, le marchand de tableaux de la rue Laffitte, qui te cherche partout… Il veut te parler… (Appelant.) Monsieur Arnheim !

(Lolette, sa sœur et Chaillard s’éloignent un peu par discrétion.)

ARNHEIM, (s’approchant de Bernier.)

Qu’introuvable, qui se cache sous les tables !… Je vous demandais partout. Voilà… je viens vous proposer un marché à pile ou face… L’affaire peut être désastreuse pour moi… Tant pis, je la risque… Il y a quatre-vingt-dix chances que vous n’ayez pas la médaille. Si vous l’avez, votre tableau vaut quinze mille francs. Si vous ne l’avez pas, il en vaut cinq mille comme un sou… Eh bien