Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/135

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je les ai vus entrer. J’étais par conséquent sûr de les retrouver ; j’ai pris le temps de me masquer moi-même. J’ai passé hâtivement un costume, placé un cartonnage sur la figure. Au bout d’une demi-heure, je suis entré dans la salle. Bon, me suis-je dit, je tiens la clef du mystère ; elle aime Lignières. C’était une intrigue.


MADAME DE MARLIEW.

Oh ! prince, tout à fait impossible, impossible !


PHILIPPE.

En effet, mais sur le moment l’hypothèse me semblait très plausible. Pourquoi pas ?… Lignières est un beau garçon. Je l’avais rencontré dans la journée ici même. Elle pouvait obéir justement à une séduction sentimentale… enfin, ce n’était pas impossible… eh bien ! non, non… l’hypothèse était trop simple, trop normale encore ! Je me trouve en présence de quelque chose qui dépasse tout ce que je pouvais imaginer… tout ! vous entendez, tout !… Votre fille est un monstre, Madame, un simple monstre ! un être sournoisement dégradé, un…


MADAME DE MARLIEW, (se levant indignée.)

Mais, prince, je ne vous permets pas de parler ainsi de ma fille !


PHILIPPE.

Oh ! oh ! nous n’en sommes plus à ces permissions-là, je vous prie de le croire ! Après ce que j’ai vu, de mes yeux vu, je suis autorisé à tous les commentaires, et je les prends !


MADAME DE MARLIEW, (se remettant de son émotion.)

Je vous somme maintenant de préciser vos accusations.