Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/192

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l’heure actuelle vous rencontre sans colère (Un temps.) peut-être même sans émotion. Vous n’êtes plus pour lui qu’une date, une anecdote…


LIGNIÈRES.

Et si, en ce moment-ci, il se doute que je vous ai rejointe ?


THYRA, (faisant les bouquets.)

Il n’en interrompt pas pour cela sa conversation ou son flirt avec sa cousine la duchesse d’Osque.


LIGNIÈRES.

Sapristi ! Je ne m’y retrouve pas encore tout à fait, mais ça va venir évidemment !… Deux ans déjà ! Qu’avez-vous fait en ces deux ans ?


THYRA, (riant.)

Tout !


LIGNIÈRES.

Rien que ça


THYRA.

Nous avons tout vu !… En ce moment, nous venons du Pausilippe ; nous venons de voir les souks de Tunis, les pêcheurs de corail, l’ombre bleue des caravansérails…


LIGNIÈRES.

On parle souvent de vous deux à Paris, où vous ne venez plus guère… vous êtes une vraie légende… un peu scandaleuse.


THYRA.

Comment parle-t-on de nous ?


LIGNIÈRES.

Comme de deux êtres jeunes et beaux qui s’adorent dans tout le raffinement du luxe, de la volupté, et qui dépensent des richesses de sa-