Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/250

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


très poli, correct, il m’a dit : « J’ai reçu les lettres de Thyra… »


THYRA.

Ah ! il avoue les avoir lues !…


LIGNIÈRES.

Maintenant que le plus dur est fait, a-t-il ajouté, depuis six mois nos cœurs ont pris l’habitude d’être séparés, pourquoi ce nouvel adieu inutile ?… Plus tard nous nous retrouverons…


THYRA.

Etc., etc… Et vous lui avez tout dit ?


LIGNIÈRES.

Tout ! que vous partiez demain matin à votre tour et pour toujours, que vous réintégriez votre pays… Je lui ai dit que vous aviez attendu son départ à lui, que vous teniez à faire coïncider cette disparition…


THYRA.

Il n’a pas trahi d’émotion ?


LIGNIÈRES.

Il paraissait être au courant de vos projets… Il a ajouté : « Faites comprendre à ma pauvre Thyra le sentiment de réserve qui m’empêche d’accepter son étrange invitation… »


THYRA.

Vous avez bien dit que j’y tenais par-dessus toute chose ?


LIGNIÈRES.

Il ne faut plus penser à cela, Thyra ! S’il vous aimait encore, si peu que ce fût, après les paroles que je viens de prononcer, il serait là… Vous-même, pourquoi ce caprice ?