Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/261

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LEPAGE.

Bah ! on croit cela !… On le croit… après… quand ce n’est plus possible !

(Il essaie de sourire.)

THYRA, (s’animant.)

Ah ! si j’avais pu être une artiste ! Au lieu de ce… néant !… Lepage, continuez à travailler, à faire de belles œuvres. C’est vous qui avez la grande part… veinard…

(Elle le dit avec un regret indicible, en tendant le poing.)

LEPAGE, (s’animant à son tour, d’enthousiasme ému.)

Le fait est que je crois que jusqu’au dernier souffle…


THYRA, (se soulève sur la pointe de ses mules.)

Jusqu’au dernier souffle !… Lepage, regardez-moi bien… avec force…

(Ils se regardent avec émotion tous les deux.)

LEPAGE, (se détache brusquement, dans un geste de fureur bougonne et rustaude pour cacher ses larmes.)

Ah ! les départs ! Bon Dieu !…

(Il remonte avec les autres.)

THYRA, (se maîtrise et appelant bruyamment.)

Messieurs ! Il y a de la bonne aventure pour tout le monde !


ARTACHEFF, (de loin, dans la galerie, en montrant Osterwood et Austersen.)

À qui de nous le ticket trois ?…


THYRA, (riant.)

Mais à vous, si vous voulez… comme à la foire, hein ? Et puis, vous êtes très gentils, nous avons l’air de jouer une charade et vous êtes là, tous