Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/264

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BLANCHE CASTEL.

Tandis que nous, nous avons gagné à ce petit jeu une faim d’ogre… Oh ! mais il y a là toutes sortes de bonnes choses à manger !…


MADEMOISELLE MARTIN, (à Frédérique.)

Voulez-vous que nous vous aidions, Madame, à servir le thé et le chocolat ?


FRÉDÉRIQUE, (essaie de se dominer.)
(Elle baisse la tête pour dissimuler son visage.)

Volontiers, certainement.


MADEMOISELLE MARTIN, (gaiement.)

Tenez, Monsieur Julien, à vous !… D’abord, le plateau n’est pas assez grand, prenons chacune nos tasses.


BLANCHE CASTEL.

Le thé doit être trop fait.


FRÉDÉRIQUE.

Oui, sans doute, depuis le temps ! (Elle prend la théière, elle essaie de verser, mais sa main tremble de plus en plus.) Je ne peux pas !

(Elle laisse retomber la théière.)

JEANNE CASTEL.

Qu’avez-vous ? Vous vous êtes brûlée ?


FRÉDÉRIQUE.

Non… je ne suis pas très bien…

(Elle veut refaire l’effort.)

JEANNE CASTEL.

Oh ! mais, laissez, posez la théière… n’insistez pas…


FRÉDÉRIQUE.

Oui, excusez-moi… servez sans moi…