Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/89

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tête, je n’y pensais même pas ! Et note que je ne t’en faisais aucun blâme, Laurent, non… aucun… tu aurais parfaitement pu avoir une curiosité, dame ! Je me bornais à éloigner de moi toute pensée d’affection ou de rapprochement possible. Mais maintenant, tu viens d’ouvrir une fenêtre en moi… c’est de l’air qui entre.

(Il paraît radieux.)

BOUGUET, (avec un grand trouble.)

Pourtant, si j’ai bien compris tout à l’heure ta profession de foi, tu n’attaches pas à l’acte physique une importance primordiale ? Tu m’as dit que tu l’acceptais avec la tache de son passé…


BLONDEL.

Ah ! ça, c’est tout autre chose ! Tu es bon !


BOUGUET.

Tu trouves ?


BLONDEL.

Tiens, parbleu !


BOUGUET.

Mais, cependant, Blondel, tu viens de soulever une objection à mes yeux cent fois plus grave ! Tu viens de dire : elle a pour toi une affection passionnée. Tu as employé même, je crois, le mot ! Et cela voulait me faire entendre : « Tu es son maître, tu pèseras sur cette imagination longtemps encore de tout le poids de ton influence. » Eh bien, c’est cela qui pourrait légitimement t’inquiéter, Blondel !… Voilà la marque, l’empreinte réelle… mille fois plus importante, si elle se présentait, que ne l’eût été un caprice des sens !


BLONDEL, (l’interrompant.)

Ah ! par exemple ! Mais ça n’a aucun rapport ! Aucun. Qu’elle garde son affection pour toi, même