Page:Baude, Fragments d'histoire ou Hier et aujourd'hui à la faveur d'une promenade dans les rues et aux environs de Fort-de-France, Imprimerie officielle Fort-de-France, 1940.djvu/46

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paroissiale, on aurait trouvé un pavé ancien qui serait peut-être un reste de l’établissement, n’est pas une preuve.

Mais des plans de 1783, de 1784 et de 1807, du 1er mai 1826 et du 1er décembre 1847 permettent de dire que le Collège a occupé le terrain borné en partie par les rues de la République et Perrinon y compris celui où est actuellement la Mairie[1].

Un de ces documents est péremptoire, c’est celui du 1er mai 1826, il a pour titre « Plan et élévation de l’ancien collège Saint-Victor, maintenant hospice de charité, au Fort Royal ». Comme la Mairie a remplacé l’hospice, c’est bien le terrain de la Mairie qui est l’emplacement du collège.

LA PLACE VOLNY ET LA PLACE FABIEN


La rue Amiral de Gueydon s’arrêtait à la rue Galliéni et une place qui était séparée du collège par la rue Perrinon était appelée place Saint-Victor et place du Collège, place des Capucins et Savane des quatre noirs.

Cette dernière appellation lui a été donnée parce que les soldats du régiment de Périgord, coupables d’omissions ou d’autres fautes, qui travaillaient à l’assèchement du terrain alors marécageux à l’aide de matériaux provenant du creusement du canal d’enceinte, recevaient comme salaire journalier quatre pièces d’une monnaie appelée «noir»[2] ou quatre sous marqués de six liards, monnaie méprisée et somme très modique. C’est en 1764, en effet, qu’on reçut à la Martinique les pièces de 18 deniers nommées noir[3].

Du reste, l’année précédente la menue monnaie manquant aux colonies, on y envoya « une petite pièce métropolitaine de 1738 qu’on démonétisait à ce moment, après l’avoir, sur une de ses faces, contremarquée d’un C sous une couronne royale… Cette pièce porte le nom de sol marqué, noir tempè, aux Antilles, et de Caron à la Réunion[4] ».

  1. Arch. min. col. n° 379, 380, 407, 486, 680, et 1130.
  2. Voyage à la Martinique par J. H. général de brigade (J. Romanette), page 14.
  3. Code de la Martinique, tome 8, page 375.
  4. M. Paul Labrousse dans le N° 5 de l’Antillaise, sur un article de M. O. Salles, Inspecteur des colonies « Les Vieux sous de la Guadeloupe ».