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LV

MŒSTA ET ERRABUNDA



Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l’immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer console nos labeurs !
— Quel démon a doté la mer, — rauque chanteuse
Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs, —
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer console nos labeurs !