Page:Baudelaire - Les Fleurs du mal 1857.djvu/203

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


LXXXIII

LES DEUX BONNES SŒURS



La Débauche et la Mort sont deux aimables filles,
Prodigues de baisers, robustes de santé,
Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles
Sous l’éternel labeur n’a jamais enfanté.

Au poète sinistre, ennemi des familles,
Favori de l’enfer, courtisan mal renté,
Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles
Un lit que le remords n’a jamais fréquenté.