Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/276

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Delaunay d’Angers, voulant à tout prix suspendre les horreurs de la guerre civile entre la Loire, la Mayenne et la Sarthe, pays qu’ils étaient chargés de pacifier, adressèrent d’Angers à Mme la vicomtesse de Turpin qui résidait à Angrie, des paroles de paix et de vives instances pour qu’elle amenât les chefs à poser les armes. Cette dame, dont le nom est devenu historique, et qu’on retrouve à plusieurs reprises dans les événemens de la guerre civile, hésita pourtant à préparer les esprits à un rapprochement. Deux opinions divisaient alors les royalistes ; les uns regardaient la paix comme devant entraîner la ruine de leur parti ; les autres, comme pouvant au contraire en assurer le salut : tous les chefs éclairés penchaient pour cette dernière opinion.

Lorsque la lassitude et la pénurie des armées royales leur faisaient sentir le besoin du repos, ou au moins d’une trève, n’était-il pas politique, important, utile même de faire la paix ? et lorsqu’il devenait impossible aux royalistes de garantir de sa destruction le