Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/332

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ce fut le Directoire exécutif qui força Hoche à faire arrêter les chefs royalistes et les prêtres ; Hoche s’en plaignit ; on lui répondit en l’invitant à rendre compte de sa conduite. En allant à Candé, il passa par Angrie et vint y dîner avec le général Gratien et quelques aides-de-camp. Madame de Turpin sollicita vainement la grâce de plusieurs émigrés. Dans une conversation confidentielle, Madame de Turpin dit à Hoche : « Mais, général, au lieu d’aller en Irlande (dont on préparait l’expédition), que ne remettez-vous le Roi sur le trône ? — Cela est impossible, madame, répondit Hoche. — Vous n’êtes pourtant pas républicain, je le parierais ; vous ferez un roi, ou bien vous le serez vous-même. — Moi ! lui dit-il, tant d’ambition ne va pas à un particulier. — Mais, général, vous pouvez y prétendre comme bien d’autres ; le trône semble d’ailleurs vacant ; mais peut-être auriez-vous trop de concurrens ; ne vaudrait-il pas mieux y replacer le roi légitime, en faisant vos conditions et celles de