Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/390

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gager. Arrivés à Bléré, la paroisse la plus révolutionnaire, nous dînâmes avec le sénateur ; toutes les autorités vinrent le complimenter ; toute la garde nationale fut sur pied, et il eut le bon sens de leur dire à eux-mêmes : « Actuellement que je n’en ai plus besoin, ils viennent tous. » Il nous présenta les uns après les autres comme ses libérateurs ; mais on lisait sur nos figures apparemment quelque chose d’équivoque, car je puis dire qu’il n’y avait que lui qui en fût dupe.

Arrivés à Beauvais, où nous avaient précédés des acclamations publiques, nous trouvâmes le préfet Graam, les présidens des tribunaux, toutes les autorités enfin par députations, à qui le sénateur se préparait à répéter son petit compliment ; mais Arthur, en homme franc et loyal, dit à Carlos d’avoir la bonté de remettre chacun à sa place. Carlos alors tira le sénateur à part, et lui dit, ce qu’il commençait à savoir, que nous n’étions pas des agens de la police, mais des officiers de l’ar-