Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/101

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mon ami arriva à la cabane et nous annonça de bien mauvaises nouvelles. Celui que nous avions vu était en effet le fils Montépel, et toute la paroisse, de Berthier à Lavaltrie, savait déjà qu’il y avait deux personnes cachées dans la « cabane à sucre » du capitaine Marion. Il nous fallait fuir sans retard, car les autorités avaient probablement déjà appris le lieu de notre retraite et la police devait être à nos trousses. Le père Marion avait tout préparé pour notre fuite : nous devions nous rendre au « rang » de Saint-Henri, prendre la route à peu près solitaire qui conduit au « Point-du-jour » et de là nous diriger vers le village de Saint-Sulpice pour tâcher ensuite de gagner la frontière des États-Unis. Nous étions à faire nos préparatifs de départ, lorsque nous entendîmes les aboiements du chien auquel le père Marion avait confié la garde de sa voiture. Quelque chose d’étrange se passait au dehors car les aboiements redoublèrent. J’entrouvris la porte pour découvrir les causes de cette alerte et j’aperçus dans la clairière, trois cavaliers qui se dirigeaient vers nous. Je refermai précipitamment la porte de la cabane et j’eus à peine le temps de communiquer ma découverte à mon ami et à son père, quand nous entendîmes le bruit des voix des étrangers qui s’étaient arrêtés et qui se préparaient probablement à mettre pied-à-terre. Nous avions, tous