Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/53

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lence était le meilleur moyen d’arrêter les suppositions. C’est ce qui me rendait taciturne, mais vous m’avez déridé.

— Je ne vous demande pas de me confier vos secrets. Loin de là. Mais si jamais, mon cher Jules, vous avez besoin du cœur ou de la main d’un ami, souvenez-vous que ce sera rendre un véritable service à Pierre Montépel, que de lui demander l’appui de son bras ou de son amitié.

— Merci de vos bonnes paroles. Je m’en souviendrai à l’occasion.

La conversation en resta là pour le moment, mais les deux amis trouvèrent souvent moyen, durant le reste de la journée, d’échanger quelques phrases amicales.

Le soir, après le travail fini, Pierre accompagna Jules jusqu’au rivage. Avant de monter en canot, le jeune homme s’adressant à sa sœur lui dit :

— Petite sœur, je te présente mon nouvel ami, M. Pierre Montépel que tu connais déjà. M. Pierre a bien voulu m’honorer de son amitié et je ne doute pas qu’il ait pour la sœur les sentiments amicaux qu’il a été assez bon d’offrir si cordialement au frère. M. Pierre, ma sœur Jeanne Girard.

— Mademoiselle ! je me sens doublement heureux de posséder ce soir deux amis comme vous et votre frère Jules. Espérons que nos relations