Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/83

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l’Indien déposa à mes pieds, ses armes qu’il avait détachées de son ceinturon en cuir.

Je lui répondis que je devais de toute nécessité informer mes compagnons de voyage de sa demande, avant d’y acquiescer, et je lui enjoignis de me suivre au camp, ce qu’il fit avec une bonne volonté qui désarma tous les soupçons que j’aurais pu entretenir sur la franchise de ses intentions.

Mes amis furent assez surpris de me voir arriver, accompagné d’un peau-rouge, au lieu de leur apporter le gibier que je leur avais promis. Je leur expliquai la démarche du messager de la tribu du lac Néquabon, et après avoir pris sa demande en considération, il fut décidé que je me rendrais, accompagné de Pierre Dugas et du guide indien, auprès du missionnaire, pour lui rendre les services dont il pourrait avoir besoin. Nos autres compagnons au nombre de dix continueraient le portage et attendraient notre retour à un endroit désigné sur les bords du lac Mistissimi.

Le lendemain de grand matin, nous nous mîmes en route sous la direction du sauvage, et deux jours après, nous étions au village des Peaux-Rouges qui nous reçurent amicalement, mais qui nous apprirent que nous arrivions trop tard et que le saint prêtre était mort le jour pré-