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LETTRES DE VOYAGE

Ces dépendances consistent en un mur d’enceinte et trois corps de bâtiments à rez-de-chaussée et à terrasses, comprenant le logement du gardien, une sacristie et une salle d’attente pour les visiteurs. Ces bâtiments sont reliés entre eux par des cloîtres de forme ogivale. La chapelle est environnée d’un bosquet ombreux. Le jardin est orné de divers restes d’antiquités, trouvés soit à Carthage, soit sur d’autres points de la Régence. Les parois des cloîtres sont également couvertes d’inscriptions païennes ou chrétiennes, mais dont la plus curieuse, au point de vue géographique, est celle rapportée par M. Mattéi d’El-Djem, puisqu’elle donne le nom antique de cette localité : Thysdrus.

L’enceinte de Saint-Louis renferme des citernes dont l’eau est excellente. Pendant l’été le Bey de Tunis et les consuls étrangers y envoyaient puiser tous les jours.

Byrsa est peut-être le seul point de Carthage que Saint-Louis n’ait point occupé. Peu importe au fond la place choisie pour lui consacrer un monument. Il est d’un heureux augure que la France ait pris pied sur cette petite colline, qui a été le berceau de la puissance carthaginoise, et qu’ont habitée les proconsuls romains, les rois vandales, les grands généraux de Justinien… Les Arabes eux-mêmes ont traîné la statue de Saint-Louis jusqu’au sommet de la colline.

Ils confondent Sidi-Bou Saïd le marabout, avec St. Louis qui, selon eux, se serait fait musulman, avant d’expirer.

Près de la chapelle sont aujourd’hui situés les bâtiments du grand séminaire et la superbe cathédrale de Carthage, élevée par les soins