Page:Beaugrand - Lettres de voyages - France, Italie, Sicile, Malte, Tunisie, Algérie, Espagne, 1889.djvu/234

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LETTRES DE VOYAGE

Asseyez-vous sur le banc qui garnit la devanture de cette niche occupée par un cafetier, faites-vous servir une tasse de café, et, tout en dégustant ce nectar selon les uns, ce brouet selon les autres, vous verrez défiler devant vous l’Arabe drapé dans son burnous rapiécé, mais ayant un certain caractère, le Kabyle, avec son outre d’huile, le Biskri, avec sa koulla d’eau, la Mauresque, dont le voile est bleu au lieu d’être blanc comme à Alger, la négresse marchande de pain, le juif colporteur, la juive plus belle à Constantine que partout ailleurs ; voici encore le kadi, grave comme la loi qu’il est chargé d’interpréter ; le taleb, commentateur inintelligent des commentateurs du Koran ; puis enfin le spahis au burnous rouge et le turco vêtu de bleu, soldats indigènes, servant plus ou moins de trait d’union entre les populations européennes et indigènes.

« Tout ce monde à pied, à âne, à cheval ou à chameau, qui va, vient, se mêle et se coudoie, offre un tableau extrêmement original. C’est du Decamps, du Fromentin ou du Marilhat à l’état de nature.

« Telle est encore Constantine sur son rocher. »

Je m’aperçois que cette lettre est assez longue et je me vois forcé de clore pour aujourd’hui.