Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/247

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Hélas oui ; prêt à s’habiller en femme, une coiffure à moi sur la tête,
en veste et sans manteau, le col ouvert, les bras nus, il allait
essayer….

LE COMTE.

Et vous vouliez garder votre chambre ! Indigne épouse ! ah ! vous la
garderez…. long-temps ; mais il faut avant que j’en chasse un insolent,
de manière à ne plus le rencontrer nulle part.

LA COMTESSE se jette à genoux les bras élevés.

Monsieur le Comte, épargnez un enfant ; je ne me consolerais pas d’avoir
causé…

LE COMTE.

Vos frayeurs aggravent son crime.

LA COMTESSE.

Il n’est pas coupable, il partait ; c’est moi qui l’ai fait appeler.

LE COMTE furieux.

Levez-vous. Ôtez-vous… Tu es bien audacieuse d’oser me parler pour un
autre.

LA COMTESSE.

Eh bien ! je m’ôterai, Monsieur, je me lèverai ; je vous remettrai même la
clef du cabinet ; mais au nom de votre amour…

LE COMTE.

De mon amour ! perfide !

LA COMTESSE se lève et lui présente la clef.

Promettez-moi que vous laisserez aller cet enfant sans lui faire aucun
mal ; et puisse après tout votre courroux tomber sur moi, si je ne vous
convainc pas…

LE COMTE prenant la clef.

Je n’écoute plus rien.

LA COMTESSE se jette sur une bergère, un mouchoir sur les yeux.

O ciel ! Il va périr !

LE