Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/125

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l’abat mort. L’archevêque dit : « Ce coup est d’un vaillant ! »

XCIX

Et Anseïs laisse aller son cheval, et va frapper Turgis de Tortelose. Il lui brise son écu sous la boucle dorée, déchire de part en part son haubert double, lui met au corps le fer de son bon épieu. Il enfonce, la pointe ressort par le dos ; à pleine hampe il le renverse mort dans le champ. Roland dit : « Ce coup est d’un preux ! »

C

Et Engelier le Gascon de Bordeaux éperonne son cheval, lâche la rêne et va frapper Escremiz de Valterne. Il brise l’écu qu’il porte au cou, en disjoint les chanteaux, rompt la ventaille du haubert et atteint la poitrine, sous la gorge ; à pleine hampe il l’abat mort de sa selle. Puis il lui dit : « Vous voilà donc en perdition ! «

CI

Et Oton frappe un païen, Estorgans, sur son écu, dans la panne, par devant, en telle guise qu’il déchire les quartiers de vermeil et de blanc ; il a rompu les pans de son haubert, il lui met au corps son épieu qui bien tranche et l’abat mort de son cheval rapide. Puis il lui dit : « Cherchez qui vous sauve ! »