Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/127

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CII

Et Bérengier frappe Astramariz. Il lui brise l’écu, lui défait le haubert, à travers le corps lui plonge son fort épieu ; entre mille Sarrasins il l’abat mort. Des douze pairs en voilà dix de tués ; il n’en reste que deux vivants : c’est Chernuble et c’est le comte Margariz.

CIII

Margariz est chevalier très vaillant, et beau, et fort, et agile, et léger. Il éperonne, va frapper Olivier. Il lui brise son écu sous la boucle d’or pur. Au long des côtes il a conduit son épieu. Dieu garde Olivier : son corps n’a pas été touché. La hampe se brise, il n’est pas renversé. Margariz passe outre, sans encombre ; il sonne sa trompe pour rallier les siens.

CIV

La bataille est merveilleuse ; elle tourne à la mêlée. Le comte Roland ne se ménage pas. Il frappe de son épieu tant que dure la hampe ; après quinze coups il l’a brisée et détruite. Il tire Durendal, sa bonne épée, toute nue. Il éperonne, et va frapper Chernuble. Il lui brise le heaume où luisent des escarboucles, tranche la coiffe [?] avec le cuir du crâne, tranche la face entre les yeux, le haubert blanc aux mailles menues et tout le corps