Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/225

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premier jour de l’été : il lance sur la mer toutes ses armées.

CXC

Grandes sont les armées de cette engeance haïe. Les païens cinglent à force de voiles, rament, gouvernent. À la pointe des mâts et sur les hautes proues, escarboucles et lanternes brillent, nombreuses : d’en haut elles jettent en avant une telle clarté que par la nuit la mer en est plus belle. Et, comme ils approchent de la terre d’Espagne, la côte s’éclaire toute et resplendit. La nouvelle en vient jusqu’à Marsile.

CXCI

La gent des païens n’a cure de faire relâche. Ils laissent la mer, entrent dans les eaux douces. Ils passent Marbrise et passent Marbrose, remontent l’Èbre avec toutes leurs nefs. Lanternes et escarboucles brillent sans nombre et toute la nuit leur donnent grande clarté. Au jour, ils parviennent à Saragosse.

CXCII

Le jour est clair et le soleil brillant. L’émir est descendu de son vaisseau. À sa droite s’avance