Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/75

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sions trouver à l’arrière-garde le preux Roland. — Ce sera fait, » répond le comte Ganelon. Puis ils se baisèrent au visage et au menton.

XLIX

Après s’en vint un païen, Climorin. En riant clair il dit à Ganelon : « Prenez mon heaume, jamais je ne vis le meilleur […], et aidez-nous contre le marquis Roland, en telle guise que nous puissions le honnir. — Ce sera fait, » répondit Ganelon. Puis ils se baisèrent sur la bouche et au visage.

L

Alors s’en vint la reine Bramimonde : « Je vous aime fort, sire, » dit-elle à Ganelon, « car mon seigneur vous prise grandement, et tous ses hommes. A votre femme j’enverrai deux colliers : ils sont tout or, améthystes, hyacinthes ; ils valent plus que toutes les richesses de Rome ; votre empereur jamais n’en eut de si beaux. » Il les a pris, il les boute en son houseau.

LI

Le roi appelle Malduit son trésorier : « Le trésor de Charles est-il apprêté ? — Oui, sire, pour le mieux : sept cents chameaux, d’or et d’argent chargés, et vingt otages, des plus nobles qui soient sous le ciel. »