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Madeleine

donnait un titre bien approprié : Tout le long du chemin.

Il est intéressant de lire les commentaires que M. l’abbé Roy a fait du premier de ces livres dans ses : Essais sur la littérature canadienne-française.

Il nous fait comprendre l’influence bienfaisante des pages où Madeleine glorifie la loi du travail et du dévouement, où elle stigmatise l’égoïsme, l’oisiveté et l’anglomanie, et il nous fait apprécier celles où elle chante la beauté de son pays et en particulier de Rimouski, sa ville natale, et de La Malbaie, où fillette elle a résidé quelques années ; celles aussi où elle exprime les tristesses et les espérances de l’Irlande dont elle sent couler le sang dans ses veines.

Françoise n’a pas oublié non plus de dire ce qu’elle pensait du premier livre de Madeleine, et dans son journal du 7 février 1903, elle écrivait :

« Le style de Madeleine est plein de souplesse et de grâce ; elle sait aviver ses récits par des peintures délicates que son vocabulaire varié, sa féconde imagination sans cesse renouvellent abondamment.

« C’est une enthousiaste, et cette passion de l’âme qu’au temps du paganisme on appelait l’inspiration divine, elle la met volontiers au service des bonnes causes. Le Premier péché de Madeleine a toutes les qualités psychologiques que je viens de reconnaître dans son auteur, et beaucoup d’autres encore. »