Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
63
Madeleine

« On lira, dit-il, à ce sujet, les lettres qu’elle a disséminées dans ce livre et surtout celles-là où Louise raconte à son amie Berthe ses tristesses, ses hésitations, ses révoltes et l’apaisement final de sa souffrance dans un inutile pardon. »

Et pour résumer son appréciation, il ajoute :

« Une leçon discrète se dégage de sa pensée, une préoccupation d’un ordre élevé perce sous le badinage de la forme. C’est ce qui fait la beauté et l’unité morale de cette œuvre, débordante de sincérité émue, et plus utile, plus consolante, plus prenante que bien d’autres dont le ton sévère et rigide déconcertent. »

Dans une page charmante de ce livre, Madeleine nous raconte l’impression que Laure Conan produisait sur sa jeune imagination, alors que pensionnaire au couvent de La Malbaie, elle recevait d’elle de tendres caresses.

« Par une aspiration infinie, dont le désir repose dans le coin encore fermé d’une petite âme, toute mon affection, faite de respect et d’admiration indéfinie, s’en allait sur les pas de Laure Conan, alors que fillette, j’habitais le même coin de pays.

« Oh ! les bonnes petites années de mes tout petits ans, éclairées par votre silencieuse présence, chère Laure Conan, j’en garde toujours l’émue souvenance. Vous avez été l’inspiratrice de maintes heures heureuses, sous l’ombrage de " l’allée des saules ”, et toujours, les grandes femmes des romans imaginés par mes dix ans, avaient quelque chose de vous. Vous étiez l’héroïne mystérieuse errant dans