Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/137

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Et cependant, maintenant que monsignor revoyait tout cela à la lumière des explications de son ami, il commençait à comprendre non pas à quel point l’ancienne attitude des papes avait été habile, mais combien elle avait été absolument et manifestement nécessaire. Il était possible à Pierre, en vérité, d’être sujet de Néron dans les choses qui regardaient César ; mais comment cela aurait-il été possible au successeur de Pierre depuis que le royaume qu’il avait à diriger ici-bas était devenu une société supra-nationale, chargée de guider toutes les nations du globe ? Oui, tout ce que lui avait dit le P. Jervis lui apparaissait étrangement clair.

Il fut réveillé de sa songerie par une main appuyée sur son genou, et, au même instant, un bruit nouveau lui arrivait de la place Saint-Pierre.

— Tenez ! lui dit vivement le vieux prêtre. Voici que la procession se met en marche !

III

Un singulier frémissement s’était répandu sur la place, pareil au mouvement d’une fourmilière soudain réveillée. Des deux côtés de l’ample voie verte par laquelle le pape allait venir, surtout, ce frémissement se poursuivait sans arrêt ; et déjà des figures émergeaient à l’entrée de la petite rue, en même temps qu’un brusque éclat de musique de