Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/228

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gué au monde, de degré en degré, la représentation de son autorité souveraine.

Déjà deux des navires étaient partis, presque simultanément, s’échappant tout d’un coup de leur point d’attache. Monsignor les voyait maintenant flotter au-dessus de lui, pareils à de gigantesques papillons. Brusquement, il entendit une sonnerie de cloche quelque part, sous ses pieds.

— Allons, monsignor, il faut que je vous dise adieu ! murmura bien vite le chanoine. Votre bateau va se mettre en route dans cinq minutes.

III

L’arrivée à Boston fut, pour l’homme qui avait perdu sa mémoire, une expérience d’autant plus singulière que, tout en sachant bien qu’il pénétrait parmi une civilisation inconnue, il éprouvait pourtant, au fond de soi, l’impression de se retrouver dans un milieu familier.

En chemin, l’immense navire avait eu à se défendre contre des bourrasques terribles qui avaient retardé sa marche, sans lui imprimer d’ailleurs la moindre secousse, — tant était parfait le nouveau système d’équilibre ! — et c’était seulement un peu avant l’aube du troisième jour que l’un avait aperçu la côte américaine.

Monsignor s’était éveillé très tôt, ce jour-là ; après avoir écouté pendant quelques instant mille petits bruits singuliers qui remplissaient l’air