Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/249

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peur de la mort ». Puis il avait baissé les yeux, et ses lèvres avaient commencé à frémir d’un petit tremblement continu.

— Eh ! bien, soit, mon fils, dit-il enfin à monsignor, vous pouvez accompagner Son Éminence à Berlin, si vous le désirez !

III

Un très petit groupe de personnes vint assister au départ de la seconde ambassade pour Berlin. L’heure et le lieu de ce départ avaient été tenus secrets, par crainte d’un encombrement de foule ; et il n’y avait là que trois ou quatre membres du Collège anglais, une demi-douzaine d’amis privés du cardinal, quelques serviteurs, et un petit groupe de passants qu’avait retenus le spectacle inaccoutumé d’un aérien attaché à un quai dorénavant hors d’usage. Personne autre, parmi les milliers de gens qui remplissaient les rues et les places de Rome, ne se doutait même de l’envoi à Berlin d’un nouveau délégué.

Dix minutes avant le départ, monsignor se trouva seul debout sur le quai, tandis que le cardinal continuait de causer avec ses amis, au pied de l’escalier.

Et pendant que le prêtre se tenait là, tantôt considérant la ville, où déjà, sous un ciel encore clair, des lumières commençaient à s’allumer, et tantôt examinant les flancs allongés du rapide