Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/35

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aujourd’hui ne songe plus à l’appeler de cette façon.

— Mon Dieu ! est-ce que je suis fou ? Dites-moi encore une chose, mon père, en quelle année sommes-nous ?

Les bons petits yeux de souris plongeaient au fond des siens.

— Voyons, monsignor, réfléchissez ! Faites un grand effort !

— Non, je ne sais pas, absolument pas ! Oh ! mon père, pour l’amour du ciel !

— Eh ! bien, calmez-vous ! Nous sommes en l’année mil neuf cent soixante-treize !

— Mais c’est impossible ; c’est impossible ! balbutia l’homme. Comment, mais je me rappelle parfaitement le début du siècle.

— Monsignor, je vous en prie, écoutez-moi ! Nous sommes aujourd’hui en l’année mil neuf cent soixante-treize. Vous êtes né en l’année… voyons un peu… en l’année mil neuf cent trente-trois. Vous avez tout juste quarante ans. Vous êtes le secrétaire et le chapelain du cardinal, — du cardinal Bellairs. Auparavant vous étiez curé de Sainte-Marie du Parc. Vous rappelez-vous à présent ?

— Je ne me rappelle rien.

— Vous rappelez-vous votre ordination ?

— Non. Une fois, cependant, je me souviens d’avoir dit la messe quelque part. Mais je ne sais pas où.

— Attendez, nous voici arrivés !