Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/50

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lisé ; et d’ailleurs vous savez que, en certains endroits, il est vraiment parvenu à établir sa domination.

« Or, la difficulté principale, au fond de tout cela, était l’état où se trouvait la religion. À quoi j’ajouterai, messieurs, — dit le conférencier par manière de parenthèse, en rouvrant les yeux comme pour interpeller plus directement ses auditeurs, — que toujours et partout c’est la religion qui s’est trouvée à la racine de tout mouvement politique ou social. En fait, il ne peut pas en être autrement. Le plus profond de tous les instincts de l’homme est sa religion, c’est-à-dire son attitude à l’égard des problèmes éternels ; et c’est de cette attitude que doivent dépendre ses rapports avec les choses temporelles. Cela est ainsi même dans le cas de l’individu ; et combien plus encore dans le cas de collectivités ou de nations, puisque chaque foule est mue par les principes communs aux unités qui la composent ! Tout cela est, d’ailleurs, universellement reconnu aujourd’hui ; mais il n’en a pas été ainsi de tout temps. Durant la période en question, notamment, les hommes ont essayé de traiter la religion comme si elle n’était que l’un des départements de la vie, au lieu d’être le fondement essentiel de toute vie.

« Mais aussi la religion, durant cette période, traversait-elle une crise étrange. Le fait seul qu’elle pût être traitée de la manière que je viens de vous dire suffit déjà à attester combien l’irréligion avait