Page:Bentham - Déontologie, ou science de la morale, tome 1.djvu/15

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AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR. xi


de commun avec le sens que lui donnent ici Bentham et son interprète. Ce n’est pas ce sentiment faible et superficiel qui ne se manifeste guère qu’extérieurement et du bout des lèvres, cette grimace d’affabilité et de courtoisie, cette facile monnaie à l’usage des grands, et dont ils paient les services de leurs inférieurs. C’est ce sentiment large, abondant, expansif, qui sympathise avec toutes les souffrances, et s’efforce de les alléger, qui fait du bonheur des hommes son étude et son but. C’est ce génie qui inspire toutes les vertus, qui dictait ies écrits d’un Fénelon, et les actes d’un Vincent de Paul. La bienveillance, telle que notre langue l’avait entendu jusqu’ici, c’est une vertu d’aristocrate, et qui n’est point à l’usage de tout le monde. Qui a jamais parlé de la bienveillance du pauvre ? La bienveillance, telle que nous l’entendons, la bienveillance de Bentham, c’est le bien vouloir, la volonté du bien, cette volonté vertueuse, éclairée, à laquelle nous devons Bentham lui-même, qui lui a fait consacrer au bonheur des hommes tous les instans de sa longue, infatigable et bienveillante carrière.

D’autres mots encore ont dû recevoir une acception plus large que celle que notre langue leur attribue. Tels sont convenance et inconvenance, convenable et