Page:Bergerat - Le Maître d’école, 1870.djvu/9

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VIII

La guerre vint. — Forbach ! Reichshofien ! — Votre roi
Chantait : Louange à Dieu ! — Je ne sais pas pourquoi
Un peuple écoute un roi qui l’appelle à la guerre.
Il serait fort aisé pourtant de dire : Non !
Nous ne sommes point faits pour nourrir le canon !…
— Je suis, vous le voyez, un esprit très-vulgaire.


IX

Enfin Sedan ! — Un soir, les habitants du bourg
Sortent de leurs maisons. — On battait le tambour.
On court, on se rassemble au préau de l’église…
Les vitraux flamboyaient aux lueurs du couchant ;
C’était l’heure où chacun est revenu du champ,
Où l’azur, comme on dit chez nous, se fleurdelise


X

Le maire était monté sur un large escabeau,
Et parlait. À la main il tenait un drapeau
Où l’on avait écrit : Vive la République !
— « C’est au peuple, dit-il, qu’on en veut cette fois !
« On brûle nos hameaux ; il nous reste les bois ;
« La liberté s’y plaît, et c’est sa basilique !