Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 3, 1912.djvu/102

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


II

ANTONIN


— Un abonnement.

— Vous dites ?

— Je dis : un abonnement à La Vie Moderne ! Est-ce que vous êtes sourd ?

— Je ne sais pas si je suis sourd, mais ce que je sais, c’est que vous êtes, vous, un impertinent et un malappris et que je ne vous l’envoie pas déclarer par la poste.

Et notre caissier surgissait du comptoir, comme Polichinelle de sa boîte, sur le déclic d’un ressort à boudin.

Reçus de la sorte, il était rare que les postulants insistassent, vous l’imaginez sans peine. Les uns s’en allaient interloqués et béants, les autres pâmés de rire, et, quant aux bilieux qui se fâchaient, Antonin leur faisait face par un axiome dont il était l’inventeur sublime : « Quand on s’abonne, on s’abonne poliment ! »