Page:Berlioz - Traité d’instrumentation et d’orchestration.djvu/152

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Je me permettrai de citer encore dans mon monodrame, l’effet, sinon semblable, au moins analogue d’un chant de Clarinette, dont les fragments interrompus par des silences sont également accompagnes du trémolo d’une partie des instruments à cordes, pendant que les contre-Basses pincent, de temps en temps, une note grave, produisant sous l’harmonie une lourde pulsation, et qu’une Harpe fait entendre des débris d’arpèges à peine indiqués. Mais dans ce cas, pour donner au son de la Clarinette un accent aussi vague, aussi lointain que possible, j’ai fait envelopper l’instrument d’un sac de peau remplissant l’office de la sourdine. Ce triste murmure et la sonorité à demi effacée de ce solo reproduisant une mélodie déjà entendue dans un autre morceau, ont toujours vivement impressionné les auditeur. Cette ombre de musique l’ait naitre un accablement triste et provoque les larmes, comme ne le pourraient faire les accents les plus douloureux, cela donne le spleen autant que les tremblantes harmonies de la Harpe Eolienne.

Page 1Page 2Page 3Page 4Page 5Page 6