Page:Bertheroy - La Ville des expiations.pdf/25

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naît pas. Il restait inquiet devant l’énigme de son sang.

Il allait partir lorsqu’un bruit de machine, loin tain d’abord, se rapprocha de ses oreilles. Ce n’était point le halètement oppressé d’une locomotive, ni le sourd ronflement d’une auto. Il leva les yeux et vit poindre dans le ciel un avion aux ailes noires, pareil à un grand oiseau.

Il avançait lentement, maître des ondes aériennes, et dédaigneux des ténèbres. Il passa au-dessus du large fleuve qui reçut sa fugitive empreinte. Il s’éloigna dans la direction des montagnes, d’un vol si calme et si sûr que Marcel ne put s’empêcher de tressaillir. Il envia le pilote invisible qui dans ces plages sans limites gouvernait l’oiseau docile, l’oiseau inerte que galvanisait sa main.


Pendant ce temps, Octave gagnait le quartier bas de la Cathédrale. Il connaissait bien ce quartier qui était celui où sa mère était née et avait vécu jus qu’au jour de son mariage. Souvent elle y avait amené ses fils lorsqu’ils étaient petits. Octave se souvenait de l’impression que faisait sur lui la masse de la cathédrale, sombre à toute heure, réfractaire aux rayons du jour, si large dans la ligne horizontale de sa façade qu’elle semblait ouvrir ses bras