Page:Bertrand - Sanguis martyrum, 1918.djvu/165

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prien, je demanderai le commandement de l’escadron envoyé contre les Maures. C’est moi qui irai chercher ta fille. Nous l’arracherons à ses geôliers, je t’en donne ma parole !

– Je te promets pour cela une belle récompense !

– Je n’en veux pas d’autre, dit Victor, que celle d’obliger un frère !… Et, même si tu n’en étais pas un, cette nouvelle occasion d’échapper à l’insupportable vie du camp serait déjà un grand bonheur pour moi !… »

Au même moment, des cris aigus montèrent, puis un hurlement prolongé, qui semblait venir du côté du prétoire.

« Tu entends ? fit tout à coup le soldat en prêtant l’oreille, c’est peut-être le cabaretier qu’on torture ?… » Cécilius se leva précipitamment :

« Porte-toi bien ! dit-il au soldat, je te reverrai ce soir. Mais il faut que je sache… »

Cécilius se leva précipitamment :

Et il s’enfonça dans l’escalier cherchant à deviner d’où venaient les cris. Peut-être pourrait-il aborder immédiatement les magistrats instructeurs !… Tout en descendant quatre à quatre, il avait conscience de ce que cette hâte avait d’inhumain, de peu chrétien surtout. Déjà avant sa conversion, sans nulle considération philosophique, par pure générosité d’âme, il blâmait la torture. Et voilà que maintenant il trouvait tout naturel qu’un gueux fût tourmenté pour Birzil ! Mais il n’en était plus à une contradiction près.


Comme il sortait des thermes, il faillit se heurter contre Julius Martialis qui sortait lui-même du cabinet du légat. A voir la figure épanouie du vieillard, il jugea que Macrinius avait dû parler de lui avec indulgence, et que, sans doute, on était satisfait de sa soumission. A tout le moins, il sentit, dès l’abord, que la glace était rompue décidément entre lui et le triumvir de Cirta. Sans autre préambule, il lui demanda :