Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/38

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phe, cela n’empêche pas qu’on l’ai traité de niais.

— Vous avez toujours des réponses sans jugement. Les académiciens en savent plus que vous, mademoiselle, s’ils ont jugé à propos de mettre des exceptions, c’est quelles doivent être là.

— Je ne trouve pas, je ne vois pas l’utilité d’amonceler les difficultés pour rien, il serait tout aussi intelligent d’écrire, inquiète, secrète, discrète, complète, replète et concrète avec deux t, bijoux, joujoux, cailloux, hiboux, choux, genoux et poux avec un s, heure, beurre, leurre et demeure, sans e, épandre et répandre sans a, afin, Afrique avec deux f.

La gouvernante l’écoutait surprise.

— Vous les savez donc, vous les avez apprises.

— Je les sais, oui, aujourd’hui, je les sais, demain je ne les saurai pas, après demain je les saurai, dans deux semaines je les aurai oubliées, et malgré l’opinion des académiciens, je me croirai toute aussi fine le jour où je ne saurai pas mes exceptions grammaticales que le jour où je les posséderai parfaitement.

— Votre raisonnement est continuellement faux ; vous n’aurez jamais une éducation solide. Lucienne fit une moue très expressive qui disait fort bien : Je m’en moque de votre éducation solide.