Page:Bibliothèque de l’École des chartes - 1897 - tome 58.djvu/133

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tif avant la confection de l’inventaire de Dupuy, un très grand nombre de pièces ont été insérées, postérieurement au travail de dom Joubert, par les archivistes ses successeurs, qui s’étaient trop facilement habitués à regarder le Supplément comme un déversoir destiné aux pièces qu’on ne savait où classer. Beaucoup de celles-ci se rattachent cependant à des fonds faciles à déterminer et ne présentent aucun rapport avec les archives de la Couronne.

Malheureusement, il n’est pas toujours aussi aisé de faire le départ entre les pièces appartenant depuis l’origine au Supplément et celles qui y ont été mal à propos mélangées. L’inventaire de dom Joubert étant, — nous l’avons déjà dit, — fort inégalement rédigé, on peut sans doute, lorsque les cartons y sont analysés pièce à pièce, reconnaître à l’écriture les additions faites postérieurement par Michelet, Dessales ou Douët d’Arcq ; toutefois, dans le cas trop fréquent où l’inventaire ne fournit qu’une mention générale pour un, ou même pour plusieurs cartons, comment distinguer les pièces intercalées dans les dossiers qui y sont renfermés si l’on ignore comment ces dossiers se sont formés ? Mais, avant d’étudier la formation d’un fonds, il est nécessaire d’en déterminer les limites en arrêtant celles des fonds qui l’avoisinent. On doit donc, dans le cas qui nous occupe, commencer par savoir en quoi consiste le Trésor des chartes, et l’on ne peut y arriver que par un examen attentif de l’inventaire de Dupuy, point de départ et fondement de tous les travaux touchant ces archives de nos rois.


I.

Chargés en 1615 de dresser l’inventaire du Trésor, Pierre Dupuy et Théodore Godefroy se mirent à l’œuvre dès le 1er juin de la même année[1]. Leur premier soin fut de mettre un peu d’ordre dans la masse confuse qu’ils avaient trouvée en pénétrant dans l’annexe de la Sainte-Chapelle, où le chartrier royal était déposé depuis le temps de saint Louis. Pour les registres, le travail était facile. Quant aux chartes, aux titres de toute sorte, on les conservait, suivant l’usage, dans des sacs, et les sacs concernant une même matière étaient rangés dans des coffres

  1. Note autographe de P. Dupuy (Bibl. nat., coll. Dupuy, vol. 162, fol. c).