Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/11

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nistration se montre généralement peu disposée à accorder des autorisations de ce genre, bien qu’elle se rende bien compte qu’il s’agît de recherches inoffensives, et véritablement pédagogiques, n’ayant rien de commun avec les pratiques de la suggestion et de l’hypnotisme ; mais dans les autres pays, notamment en Allemagne, en Amérique, en Suède, en Danemark, ces autorisations de faire de la pédagogie expérimentale sont très librement accordées aux personnes compétentes, et la plupart des travaux que nous possédons actuellement ont été faits dans ces pays étrangers. Il y a plus. À plusieurs occasions, c’est l’Administration qui dans les pays étrangers a pris l’initiative des recherches expérimentales dans les écoles ; quand une question de pédagogie pratique se présentait, l’Administration s’est adressée aux psychologues en les invitant à faire des recherches sur cette question ; et en même temps, les portes des écoles leur étaient ouvertes et les élèves des écoles étaient soumis à leur examen. C’est ainsi qu’il y a un an à peine, les magistrats de la ville de Breslau, anxieux de savoir si les programmes d’enseignement dans les écoles et lycées de la ville n’étaient pas exagérés et ne produisaient pas un surmenage intellectuel parmi les élèves, chargèrent officiellement un psychologue de rechercher quel est le degré de fatigue intellectuelle éprouvé par les élèves des différentes classes a la fin de leur journée de travail.

En fondant notre Bibliothèque de pédagogie et de psychologie nous espérons démontrer la nécessité de l’expérimentation pour la pédagogie. Notre premier volume est consacré à la Fatigue intellectuelle ; dans ce volume nous avons réuni tout ce qui a été fait sur la question de l’influence produite par le travail intellectuel sur l’organisme et sur différentes fonctions psychiques ; nous montrons que la question du surmenage scolaire, tant débattue et par les pédagogues et par les médecins, est loin d’être résolue. On se trouve en réalité bien plus loin du but qu’on ne croyait l’être il y a