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CHAPITRE VI
INFLUENCE DU TRAVAIL INTELLECTUEL
sur la force musculaire

Jusqu’ici, aucun auteur n’a traité dans son ensemble cette grande question ; on ne trouve dans la littérature que des études partielles, portant seulement sur une certaine forme du travail intellectuel ou sur un certain aspect de la force musculaire, et c’est bien à tort que des pédagogues et des physiologistes se sont hâtés de fonder sur ces études incomplètes des conclusions générales.

Le système neuro-musculaire dépense son activité sous deux formes qui sont profondément distinctes ; il y a d’abord l’activité volontaire et consciente, il y a ensuite l’activité réflexe, inconsciente, involontaire, automatique. Cette première distinction doit être introduite dans notre étude, et il faut envisager à part les effets du travail intellectuel sur l’activité volontaire et sur l’activité réflexe.

Le travail intellectuel aussi, nous l’avons remarqué souvent, présente plusieurs différences de degré et de nature. L’effort intellectuel court ne se confond pas avec le travail prolongé pendant toute une après-midi ou toute une semaine, et il faut aussi distinguer de ce travail intellectuel prolongé l’état psycho-physiologique stable qui se crée chez un individu adonné pendant toute sa vie aux travaux intellectuels. Cette dernière question présente un intérêt philosophique évident, puisqu’elle revient à se